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Que faire en cas de souris dans la maison

Signes d'infestation, premiers gestes non chimiques, responsabilités locataire et bailleur, choix d'un dératiseur, cadre légal et prévention durable.

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Souris domestique (Mus musculus)

Guide pratique pour un occupant ou un propriétaire confronté à la présence de souris ou de rats dans un logement : signes à repérer, premiers gestes non chimiques, responsabilités locataire/bailleur, critères de choix d’un dératiseur, cadre réglementaire et prévention durable.

Comment repérer une infestation de souris ou de rats

Les signes visibles sont variés. Cherchez des excréments dans les zones de stockage de denrées, dans les placards et près des plinthes. Des traces de rongement sur emballages, boiseries ou gaines électriques indiquent une activité. Des nids, souvent faits de matériaux souples rassemblés dans des coins protégés, peuvent se trouver dans les combles, les caves ou derrière des appareils électroménagers. Des bruits nocturnes, surtout des grattements ou des déplacements, révèlent souvent la présence d’individus actifs la nuit.

Inspectez les lieux prioritaires. La cuisine et les zones de stockage alimentaire sont des points d’entrée évidents. Les caves, les combles et les gaines techniques sont des refuges fréquents. Les plinthes, les bas de portes, les joints autour des canalisations et les ouvertures autour des fenêtres sont des points à vérifier pour des traces et des passages. Prenez des photos des signes constatés si possible. Ces images servent de preuve pour un signalement au bailleur, à la copropriété ou à un professionnel lors de l’établissement d’un diagnostic.

Documenter correctement facilite la suite. Photo rapprochée des excréments, vue d’ensemble du lieu, image des points de rongement : trois types de clichés aident à expliquer la situation. Notez la date et l’heure des constatations. Si vous adressez ces éléments à un professionnel ou au bailleur, conservez des copies.

Souris domestique (Mus musculus)
Souris domestique (Mus musculus) Photo Araujojoan96 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Pourquoi intervenir : risques pour la santé et le logement

Les rongeurs présentent des risques sanitaires et matériels. Sur le plan sanitaire, ils peuvent contaminer des denrées. La contamination alimentaire crée un risque d’infection. La littérature de santé publique mentionne la salmonellose comme un risque associé à la contamination des aliments par des rongeurs. Pour toute question médicale ou suspicion d’exposition, il faut s’adresser à un professionnel de santé ou aux services d’ARS compétents.

Sur le plan matériel, les rongeurs détériorent l’isolation, les câbles électriques et les emballages. Les dégâts peuvent affecter la sécurité électrique et les performances d’isolation. Les couts et réparations relèvent d’une appréciation technique qui dépend de l’origine du dommage et du contexte contractuel entre bailleur et locataire. Un diagnostique professionnel permet d’attribuer la cause.

Intervenir rapidement limite la propagation et les dommages. L’efficacité d’une action dépend souvent d’une approche collective en immeuble lorsque plusieurs logements ou parties communes sont concernés. Le Règlement Sanitaire Départemental rappelle l’obligation de prévention et de lutte au niveau des immeubles et des locaux annexes.

Que faire tout de suite

Adoptez des mesures immédiates non chimiques. Supprimez les sources de nourriture accessibles : stockez les denrées dans des contenants hermétiques et fermez les sacs d’aliments secs. Enlevez les déchets régulièremenet et évitez les dépôts alimentaires hors conteneurs adaptés. Rangez les cartons et objets empilés qui servent de cachettes.

Colmatez, à titre provisoire, les points d’entrée visibles. Un bourrage ou un calfeutrage sommaire autour d’une plinthe ou d’une arrivée de gaine peut limiter les passages. Attention : si un point d’entrée requiert une intervention technique (perçage, découpe structurale), signalez-le au bailleur ou au syndic avant toute intervention définitive.

Respectez les consignes d’hygiène et de sécurité. Ne manipulez pas un rongeur mort sans gants. Lavez-vous les mains après toute opération de nettoyage. Si vous avez le moindre doute sur un risque sanitaire, contactez un professionnel de santé ou l’ARS locale pour obtenir un avis adapté.

Qui paie quoi ? Bailleur / locataire / copropriété

Le cadre légal rappelle des obligations partagées. Le bailleur doit remettre un logement exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites lors de la remise du logement, conformément à l’article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Cette obligation vise l’état du logement à l’entrée dans les lieux.

En cours de bail, la répartition des frais peut varier. L’origine de l’infestation et la preuve de la responsabilité déterminent souvent qui prend en charge les mesures. En cas de litige, le juge peut être amené à trancher. La logique pratique est d’engager un dialogue entre locataire et bailleur et de documenter les constats par photos et courriers.

En copropriété, une action collective est souvent nécessaire. Les locaux communs, cours, caves et locaux poubelles relèvent d’une responsabilité partagée qui peut nécessiter une décision de l’assemblée générale ou l’intervention du syndic. Le Règlement Sanitaire Départemental précise l’application aux locaux communs et annexes.

Comment choisir un professionnel (dératiseur)

Vérifiez des éléments contractuels et réglementaires avant signature. Demandez un document écrit décrivant l’intervention prévue et la nature des moyens envisagés (techniques physiques ou usage de produits). Si des produits professionnels sont utilisés, demandez le numéro de Certibiocide correspondant et la vérification de ce certificat via l’outil officiel Certibiocide.

Préférez une visite sur place pour un diagnostic. Un devis établi après une visite sur site permet un état des lieux précis. Méfiez-vous des diagnostics exclusivement à distance ou par téléphone qui ne permettent pas de mesurer l’étendue réelle des indices.

Comparez plusieurs propositions sur les méthodes et le protocole, pas seulement sur le prix. Choisir un intervenant implique d’évaluer la démarche écrite, les garanties contractuelles et la clarté des soins proposés. Pour un litige de consommation, les plateformes comme SignalConso figurent parmi les voies de recours.

Produits biocides et règles : ce que dit la loi

Le dispositif Certibiocide encadre la distribution et l’usage professionnel des produits biocides rodenticides. La notice explicative de l’arrêté « Certibiocide » et la FAQ officielle indiquent que, depuis le 1/01/2024, le dispositif distingue un « Certibiocide nuisibles » regroupant les TP14, TP18 et TP20. L’outil officiel permet la vérification d’un numéro de Certibiocide.

Il est interdit de recommander ou de détailler des protocoles d’usage de produits réservés aux professionnels sans formation et sans respect des notices. Certaines références de produits signalées comme illégales doivent être signalées aux autorités compétentes .

Prévention durable et mesures structurelles

La prévention combine exclusion des accès, gestion des déchets et entretien des espaces. Calfeutrer les points d’entrée, stocker hermétiquement les denrées et maintenir les abords propres réduisent l’attractivité du site pour les rongeurs. Dans un immeuble, un plan d’entretien collectif renforce l’efficacité.

Les actions structurelles doivent respecter le bâti. Certaines réparations nécessitent une expertise technique et une décision du bailleur ou du syndic. Les interventions ponctuelles isolées peuvent masquer un problème plus large ; une vision collective et une coordination avec les responsables d’immeuble sont souvent requises.

Après l’intervention : contrôle et prévention

Exigez un rapport écrit après intervention. Un compte rendu décrit les traitements effectués, les zones traitées et les recommandations de suivi. Un contrat de suivi peut préciser les visites de contrôle et les obligations contractuelles. Une « garantie d’éradication » relève du contrat passé avec le professionnel, pas d’une obligation réglementaire.

Si l’intervention a été insuffisante ou litigieuse, utilisez les voies de recours adéquates. SignalConso est un canal mentionné pour les litiges de consommation. Conservez documents, devis et photos pour étayer une réclamation.

Foire aux questions (FAQ)

Le propriétaire paie-t-il toujours ? Rappel : l’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 impose la remise d’un logement exempt d’infestation à l’entrée dans les lieux. En cours de bail, la répartition dépend de l’origine des nuisances et peut relever du juge.

Puis-je acheter un raticide en supermarché ? Réponse : se référer au dispositif Certibiocide et aux risques liés à l’usage. En cas d’infestation avérée, l’avis d’un professionnel est recommandé.

Les pompiers interviennent-ils ? Les pompiers n’interviennent pas pour une infestation domestique courante. Ils peuvent être mobilisés pour des situations d’urgence sur la voie publique ou dans des établissements sensibles. Pour des cas spécifiques, contacter la mairie ou la préfecture qui précisent les compétences locales.

Annexe — questions annexes

Pour d’autres nuisibles (punaises, blattes, termites), consulter les pages piliers dédiées de la verticale. Les problématiques et les obligations diffèrent selon l’espèce et le cadre réglementaire applicable.

Baptiste Fabre

Fiche vérifiée par

Baptiste Fabre

Baptiste Fabre écrit sur l’entretien de la maison, les petites réparations et les nuisibles pour Nuisy. Il s’appuie sur les avis de l’Anses, des ARS et des mairies, et vérifie chaque information avant publication.

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